L’épisiotomie est une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale qui consiste à inci­ser le péri­née durant l’accouchement afin d’agrandir l’ouverture du vagin.

L’origine du mot épisiotomie

Sur le plan éty­mo­lo­gique le mot épi­sio­to­mie vient du grec et désigne une sec­tion du pubis

  • epi­sion= pubis
  • tomie= cou­pure

Ceci est une des­crip­tion inexacte de la réa­li­té qu’elle désigne. D’autres mots sont par­fois uti­li­sés comme péri­néo­to­mie ou le terme cli­to­ro­to­mie [1].

Les techniques d’épisiotomie

Il y a plu­sieurs tech­niques de réa­li­sa­tion de l’épisiotomie

L’épisiotomie médiane ou périnéotomie

Le péri­née est cou­pé en direc­tion de l’anus sur envi­ron 4 cm. Elle entraîne moins de perte de sang et est moins dou­lou­reuse en suites de couches que l’épisiotomie médio‐latérale.

Pourtant, cette tech­nique accroît consi­dé­ra­ble­ment le risque de déchi­rure vers le sphinc­ter anal dont les consé­quences sociales et médi­cales sont très lourdes pour les vic­times. Malgré ses incon­vé­nients l’épisiotomie médiane est encore pra­ti­quée notam­ment en Amérique du Nord [2, p 353].

L’épisiotomie médio‐latérale

Le péri­née est cou­pé à 45 degré sur envi­ron 6 cm.

Cette tech­nique engendre davan­tage de perte de sang, de dou­leurs en suite de couches et en post‐partum. De plus son inté­rêt médi­cal est contro­ver­sé. C’est l’épisiotomie la plus pra­ti­quée en Europe.

Autres techniques

D’autre tech­niques ont été uti­li­sées puis aban­don­nées, par exemple

  • l’épisiotomie laté­rale à 90 degrés. Ses incon­vé­nients : risque d’atteinte des glandes de Bartholin, dif­fi­cul­té de sutu­rer de manière bien symé­trique, risque de lésion des lèvres, faible ouver­ture de l’orifice vul­vaire [3, 5]
  • l’épisiotomie bila­té­rale, en baïon­nette, en étoile, la sphinc­te­ro­to­mie par­ti­cu­liè­re­ment muti­lantes [4]. L’épisiotomie en étoile aurait comp­té jusqu’à 14 petites inci­sions et aurait été aban­don­née suite aux pertes san­guines impor­tantes qu’elle entrai­nait [6].

Indications et complications de l’épisiotomie

L’épisiotomie est une pra­tique qui s’est géné­ra­li­sée en obs­té­trique à par­tir des années 1920, sans qu’aucune étude scien­ti­fique ne valide leur inté­rêt. Elle était sup­po­sée pré­ser­ver les femmes contre les déchi­rures graves du péri­née et pré­ve­nir les risques d’incontinence.

C’est à par­tir des années 1980 – 1990 qu’on eu lieu des études scien­ti­fiques met­tant en évi­dence leur absence d’intérêt et les com­pli­ca­tions médi­cales qu’elles entraînent (pertes san­guines impor­tantes, sur‐déchirures graves, dys­pa­reu­nie).

Pourtant, l’épisiotomie conti­nue à être pra­ti­quée lar­ge­ment à tra­vers le monde, avec des varia­tions entre pays.

Voir les pages Historique, Indications, Complications [à venir], Taux

« L’épisiotomie est l’opération chi­rur­gi­cale la plus fré­quem­ment pra­ti­quée sur les femmes. Son usage est si rou­ti­nier qu’on semble sou­vent oublier que c’est une pro­cé­dure chi­rur­gi­cale, avec les risques, com­pli­ca­tions et consé­quences que cela com­porte.

Barbara K Rothman, Encyclopediae of Childbearing, Greenbook, 1992

Souces

[1] Sur péri­néo­to­mie et cli­to­ro­to­mie, terme popu­la­ri­sé par Anne Frye, voir :

[2] Henci Goer and Amy Romano, Optimal Care in Childbirth, The case for a phy­sio­lo­gic Approach, chap­ter 15 Episiotomy : The Unkindest Cut p 353‐ 375

[3] http://www.scd.uhp-nancy.fr/docnum/SCDMED_MESF_2011_PIERRE_ANAIS.pdf

[4] http://www.societe-histoire-naissance.fr/spip.php?article58

[5] http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00905296/document

[6] Knut Haadem, Läkartidningen 1998, 95 : 4354 – 8 http://ww2.lakartidningen.se/ltarkiv/1998/temp/pda18430.pdf